CFP Colloque 2022: Territoires de la diplomatie / Territories of Diplomacy

Une version PDF de cet appel à communications est disponible ici.

Colloque de la Société d’Études Anglo-Américaines des XVIIe et XVIIIe siècles


TERRITOIRES DE DIPLOMATIE : LE MONDE ANGLO-AMERICAIN ET SES RELATIONS EXTERIEURES AUX XVIIE ET XVIIIE SIECLES
TERRITORIES OF DIPLOMACY: THE ANGLO-AMERICAN WORLD AND INTERNATIONAL RELATIONS IN THE 17TH AND 18 TH CENTURIES


Comité d’organisation / Organising committee : Lucien Bély (Paris Sorbonne), Nathalie Rivère de Carles (Université Toulouse Jean Jaurès) et/and Florence March (vice-présidente Recherche de la SEAA 17-18, Université Paul-Valéry Montpellier)


Date et lieu / date and place: Toulouse, 20-21 Janvier/January 2022
Partenariats / partnerships : Université Toulouse Jean Jaurès, Laboratoire Cultures Anglo-Saxonnes (UR 801), Sorbonne Université, IRCOM, Centre Roland Mousnier (UMR 8596).


Les propositions de communication en français ou en anglais d’une longueur de 300 à 500 mots et accompagnées d’une courte bio-biblio sont à envoyer à diploseaa1718[at]gmail.com pour le 15 mai 2021. Les participants retenus seront notifiés le 30 juin.


Paper proposals in French or English (300-500 words and a short CV) should be sent to diploseaa1718[at]gmail.com by 15 May 2021. Acceptance notifications will be sent out by 30th June.


(scroll down for English version)
Le territoire a fait l’objet d’un renouvellement théorique sous l’impulsion de Stuart Elden (The Birth of Territory, 2013). Dans sa lecture de Shakespeare, Elden explique que « le territoire n’est pas un produit, mais un processus ». De même, la diplomatie n’est plus envisagée comme pur événement mais comme processus. Ce colloque interrogera l’interaction entre territoire et diplomatie aux XVIIe et XVIIIe siècles dans le monde anglo-américain et ses relations extérieures à l’aune de ces changements
théoriques. Territoire et diplomatie seront envisagés comme mots, concepts et pratiques. Les approches sollicitées sont celles de l’histoire (diplomatique, politique, économique et sociale), de la littérature, de
la philosophie, du droit, ainsi que celle de la nouvelle histoire diplomatique (croisant littérature, histoire et philosophie). Les communications en anglais ou en français (25-30 minutes) porteront sur le monde anglo-américain ou d’autres aires géographiques dans une perspective comparatiste avec la sphère anglophone des XVIIe et XVIIIe siècles.
À la lumière du De iure belli ac pacis de Grotius et sa Défense du chapitre V de Mare Liberum (réponse à la traduction du De iure de 1609 par Hakluyt), nous envisagerons le territoire de la diplomatie en termes de porosité et de processus. Nous reviendrons sur la souveraineté territoriale, le détachement entre la persona du monarque et le territoire, et leur impact dans la représentation et l’action diplomatiques. À l’aune de la nature changeante des résidences diplomatiques britanniques à l’étranger et aussi en fonction des cessions et acquisitions de territoires aux Amériques, en Afrique et en Asie, on observera l’impact de l’ambassade (comme activité et comme lieu) dans la reconnaissance d’une souveraineté. Les communications pourront aussi évaluer les effets des révolutions anglaises et américaine sur la conception et l’utilisation du territoire diplomatique. Ceci soulèvera une réflexion sur
les concepts d’extraterritorialité, d’inviolabilité et sur l’existence de territoires-sanctuaires. Il s’agira donc d’ouvrir la réflexion sur la création de territoires de diplomatie, notamment grâce au commerce.
On interrogera l’influence des routes et pratiques commerciales intra et extra-européennes sur les pratiques diplomatiques et la conception du territoire.
Le territoire de diplomatie se posera aussi en termes de création littéraire, artistique et spectaculaire. On pourra interroger le rôle des artistes (itinérants) comme créateurs de territoires, des lieux de culture comme territoires de diplomatie tant du point de vue des bâtiments que de leur fréquentation ou de leur programmation. Comme dans les travaux de Lotte Jensen sur les traductions anglaises de poèmes étrangers comme acte de diplomatie internationale aux XVIIe et XVIIIe siècles, on considérera les tropes de la diplomatie et du territoire dans la poésie mais aussi le roman, la littérature épistolaire (The Turkish Embassy Letters (1762) de Lady Mary Wortley Montagu) et la traduction
d’oeuvres littéraires en ou depuis l’anglais. À l’aune des récents travaux sur le théâtre et la diplomatie culturelle depuis Shakespeare et la recréation de ses oeuvres (à la Restauration et au XVIIIe siècle)
jusqu’aux pièces d’Aphra Behn ou de Susana Centlivre, le colloque sollicite des propositions sur l’écriture dramatique et dramaturgique du territoire diplomatique. Comme Ellen Welch dans Theatre of
Diplomacy
(2017), on observera comment se crée un territoire diplomatique lors d’une rencontre officielle via l’art théâtral, musical, pictural et la fiction, mais aussi comment les objets d’art ou
littéraires sont porteurs de territoires.
Au XVIIe siècle, le mot « territoire » change de sens en anglais et signifie une « région, ou la campagne qui se situe aux alentours de la ville » (Cawdrey, 1604). On pourra donc envisager une approche linguistique et lexicale de la question du territoire diplomatique. Par ailleurs, cette nouvelle définition soulèvera la question de l’existence ou des prémisses d’une diplomatie territoriale (celle des villes, des territoires colonisés). Enfin, il s’agira aussi d’envisager les limites du concept de territoire,
comment du territoire on passe à la territorialisation et en quoi cela constitue un obstacle à la fois pratique et épistémique. On réfléchira au concept de territoire dans les pratiques de diplomatie interculturelle et de diplomatie fondée sur le traité (aux Amériques notamment) en contraste avec l’emploi d’une diplomatie militaire.


English version


In The Birth of Territory (2013), Stuart Elden reenvisaged the theoretical and practical approaches to the concept of territory. In his analysis of Shakespeare’s plays, Elden explains that “territory is not a product, but a process.” Likewise, diplomacy is not viewed as a series of events but as a process.
Considering these fundamental theoretical evolutions, this conference seeks to analyse the relationship between territory and diplomacy in the 17th and 18th centuries in the Anglo-American world and its
international relations. Territory and diplomacy will be examined as words, concepts and practice. The methodological approaches to be used will be those of history (diplomatic, political, economic and
social), literature, philosophy, law and the new diplomatic history which articulates literature, history and philosophy. Papers (25-30 minutes) will be given in English or French. They will deal with the Anglo-American world or other geographical areas but in connection with the anglophone sphere of the 17th and 18th centuries.
In the wake of Grotius’ discussion of sovereignty in De iure belli ac pacis, and of territory and the ambassador in Defense chapter V of Mare Liberum (his answer to Richard Hakluyt’s 1609 translation of De iure), the territories of diplomacy will be analysed in terms of porosity and process. The conference will reappraise territorial sovereignty, the rupture between the monarch’s persona and the territory, and their impact on diplomatic representation and action. It will observe the impact of embassy (as both a place and a trade) on the recognition of sovereignty especially in the context of the evolution of ambassadorial residences and the sale and purchase of territories in the Americas, Africa and Asia.
Papers may also assess the impact of the English and American revolutions on the concept and use of diplomatic territory. They will raise the issues of extraterritoriality, inviolability and the existence of
sanctuary territories. The conference will thus seek to reflect on the creation of territories of diplomacy through commerce and question the influence of intra and extra European commercial roads and
practices on the practice of diplomacy and the concept of territory.
Territories of diplomacy and their creation will also be considered in terms of literary, artistic and dramatic creation. Proposals may question the role of (itinerant) artists as creators of territories, the role
of cultural spaces as territories of diplomacy (whether we focus on locations, audiences or types of entertainment). In the wake of Lotte Jensen’s work on English translations of foreign poems as gestures
of international diplomacy in the 17th and 18th centuries, the conference seeks to observe the tropes of diplomacy and territory in poetry, novels, epistolary literature (e.g. Lady Montagu’s Turkish Embassy Letters (1762)) and in the translation from or into English of literary works. In the wake of the recent research on theatre and cultural diplomacy from Shakespeare’s works and their subsequent recreation
to Aphra Behn’s or Susana Centlivre’s plays, the conference seeks proposals on the dramatic writing and dramaturgical creation of diplomatic territories. Like Ellen Welch in Theatre of Diplomacy (2017),
papers may observe how drama, painting, music and fiction partake of the creation of diplomatic territories in official and unofficial encounters. Papers may also focus on literary and art objects as creators and ambassadors of a territory.
At the turn of the 17th century, the meaning of the word ‘territory’ evolved to mean “territorie […] region, or the countrie lying about the citie” (Cawdrey, 1604). The conference thus seeks linguistic and
lexical analyses of the concept of diplomatic territory. Besides, this changing definition which now focuses on the urban level raises the issue of the existence or the premises of a territorial diplomacy (that of cities or colonised territories) in the 17th and 18th centuries. Finally, the conference welcomes proposals considering the limits of the concept of territory and how moving from territory to territorialisation can be both a practical and an epistemic obstacle. An example of this would be the
study of the concept of territory in intercultural diplomacy and treaty diplomacy (notably in the Americas) in contrast with the increasing use of military diplomacy at that time.


Bibliographie sélective / Selective bibliography
Bély, Lucien. L’art de la paix en Europe. Naissance de la diplomatie moderne, XVIe-XVIIIe (Paris : PUF, 2007)
—————-. Espions et ambassadeurs au temps de Louis XIV (Paris : PUF, 1990)
Bély, Lucien, Hanotin, Guillaume, et Poumarède Géraud, La Diplomatie-monde. Autour de la paix d’Utrecht –
1713 (Paris : Pedone, 2019)
Black, Jeremy. British Diplomats and Diplomacy 1688-1800 (Liverpool University Press, 2001)
Elden, Stuart. The Birth of Territory (Chicago: University of Chicago Press, 2013)
—————-. Shakespearean Territories (Chicago: University of Chicago Press, 2018)
Hampton Timothy, Fictions of Embassy: Literature and Diplomacy in Early Modern Europe (Ithaca: Cornell UP,
2009)
McConnell, Fiona. “Rethinking the Geographies of Diplomacy”, Diplomatica, Volume 1: Issue 1, Brill, 2019,
Pages: 46–55, DOI: https://doi.org/10.1163/25891774-00101008
Mori Jennifer, The Culture of Diplomacy: Britain in Europe 1750-1830 (Toronto: Toronto UP, 2011)
Netzloff, Mark, Agents beyond the State. The Writings of English Travelers, Soldiers, and Diplomats in Early
Modern Europe (Oxford: OUP, 2020)
Pal, Maïa, ‘Early modern extraterritoriality, diplomacy, and the transition to capitalism’ in The extraterritoriality
of Law: History, Theory, Politics (London: Routledge, 2019)
Rivere de Carles, Nathalie (ed), Early Modern Diplomacy, Theatre and Soft Power: The Making of Peace
(London: Palgrave, 2016)
Scott, Hamish. M. British Foreign Policy in the Age of the American Revolution (Oxford: Clarendon Press, 1990)
Watkins, John. 2008. “Toward a New Diplomatic History of Medieval and Early Modern Europe.” Journal of
Medieval and Early Modern Studies 38:1–14
Welch, Ellen R. A Theatre of Diplomacy: International Relations and the Performing Arts in Early Modern
France (Philadelphia: University of Pennsylvania Press, 2017)