CFP Jeunes chercheurs : Dynamiques des héritages (XVIe-XVIIIe siècle)

DYNAMIQUES DES HÉRITAGES  (XVIe-XVIIIe siècle)

Appel à communications

Montpellier, 18-19 octobre 2018

Colloque annuel des jeunes chercheurs de la Société Française d’Étude du XVIIIe siècle (SFEDS), de la Société d’Études Anglo-Américaines des XVIIe et XVIIIe siècles (SÉAA XVII-XVIII), et de la Société d’étude du XVIIe siècle.

Organisation 2018 : Institut de Recherche sur la Renaissance, l’âge Classique et les Lumières (UMR 5186 du CNRS, Université Paul-Valéry Montpellier 3)

Loin d’être une donnée figée dont les individus et les groupes hériteraient, un legs qu’il faudrait conserver en l’état, le passé constitue pour chaque époque un enjeu majeur. Comme le montrent les études récentes sur les écritures de l’histoire et la mise en valeur des patrimoines, les héritages culturels répondent à des dynamiques complexes.

Ce colloque permettra tout d’abord d’interroger la façon dont les œuvres et les pratiques du passé ont été perçues jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, chaque époque réinventant ses origines et son identité. On s’intéressera aussi aux représentations des XVIIe et XVIIIe siècles jusqu’à aujourd’hui, y compris dans l’éducation et les médias. Enfin, ces rencontres, destinées prioritairement aux jeunes chercheurs mais ouvertes à tous, seront l’occasion de poser une série de questions théoriques concernant les représentations du passé et leurs fonctions religieuses, sociales, artistiques, etc.

Les communications pourront notamment porter sur les aspects suivants :

– Les héritages culturels dans la littérature et dans les arts de l’âge classique et des Lumières : écrire le passé à l’âge classique, le rôle des modèles, inventer à partir du passé,…

– La réception des XVIIe et XVIIIe siècles dans la littérature, les arts et les médias ; enseigner la littérature et les arts de l’âge classique aujourd’hui ;…

– De manière plus générale, on pourra s’interroger sur la notion d’héritage culturel, l’intérêt et les limites du concept d’actualisation, les héritages et la cohésion sociale, les héritages et les conflits,…

Les propositions, en français ou en anglais, comprenant un résumé d’environ 250 mots et un bref CV, devront parvenir aux organisateurs au plus tard le 1er avril 2018, à l’adresse suivante :

jeuneschercheurs.ircl@univ-montp3.fr

Les repas de midi et le dîner du colloque seront pris en charge.

Les participants sont invités à se rapprocher de leur laboratoire de rattachement et de leur école doctorale pour le financement du transport et de l’hébergement.

Comité d’organisation :

Luc Borot (Pr civilisation britannique XVIIe siècle)

Linda Gil (maître de conférences en Littérature et histoire des idées XVIIIe siècle)

Florence March (Pr Théâtre britannique XVIe-XVIIe siècles)

Stéphanie Roza (chargée de recherche CNRS en Littérature et histoire des idées XVIIIe siècle)

Franck Salaün (Pr Littérature française XVIIIe siècle)

Jean-Pierre Schandeler (chargée de recherche CNRS en Littérature et histoire des idées XVIIIe siècle)

4 doctorants de l’IRCL

CFP: Crimes et criminels dans le monde anglophone aux XVIIe et XVIIIe siècles

Appel à contributions

Colloque international de la Société d’Etudes Anglo-Américaines des XVIIe et XVIIIe siècles (SEAA 17-18)

18-19 janvier 2019 Paris

Organisé par Mme Armelle Sabatier (Paris 2, Law and Humanities/CERSA UMR7106) et M. Bertrand Vanruymbeke (Paris 8, TransCrit, IUF)

We are grown old; I am come back to England, being almost seventy years of age, husband sixty-eight, having performed much more than the limited terms of my transportation […], and he is come over to England also, where we resolve to spend the remainder of our years in sincere penitence for the wicked lives we have lived.

Daniel Defoe, Moll Flanders, 1722

Criminelle de haut vol exilée en Virginie, le personnage de Moll Flanders incarne les figures mythiques des criminels façonnées à la fois par la littérature des dix-septième et dix-huitième siècles, mais aussi par la presse de cette période. L’univers des criminels, leur profil, leurs relations avec la presse de l’époque ont fait l’objet de nombreuses études qui ont tenté, au travers d’un travail d’archives, de saisir la réalité des hors-la-loi, des condamnés, réalité souvent exagérée et déformée par des dramaturges tels que John Gay qui immortalise le criminel Jonathan Wild dans The Beggar’s Opera (1728), par les romans à sensations (par exemple, Captain Alexander Smith’s History of the Lives of the Most Noted Highway-men, Foot-pads, House-Breakers, Shoplifters and Cheats, 1714) ou encore par certains journalistes complices de ces fameux criminels. Certains historiens ont récemment étudié la réalité de la déportation des criminels anglais, écossais et irlandais dans les colonies tels que G. Morgan et P. Rushton (Eighteenth-Century Criminal Transportation, Palgrave, Macmillan, 2003), Gwenda Morgan et Peter Rushton (Banishment in the Early Atlantic World. Convicts, Rebells and Slaves, Bloomsbury, 2013) ou encore Elodie Peyrol-Kleiber (Les premiers irlandais du Nouveau Monde: une migration atlantique (1618-1705), 2016), sans oublier les travaux de Roger Ekirch (Bound for America. The Transportation of British Convicts to the Colonies, 1718-1775, 1987)

A la croisée de l’histoire sociale, juridique, de l’histoire coloniale, des études littéraires et visuelles, ce colloque international a pour but de réfléchir à la construction mythique, voire fantasmée, de la figure du criminel, véhiculée à la fois par les genres littéraires (la tragédie domestique du XVIIe siècle, le roman du XVIIIe siècle, par exemple), la presse, les gravures, les récits de voyage, la correspondance des colons et des administrateurs, les représentations picturales ou encore les comptes rendus de procès qui ne sont pas toujours fiables à cette époque. Le travail d’archive pourrait également éclairer la réalité des activités criminelles, mais aussi les rouages des systèmes juridiques anglais et ceux des colonies.

On pourra s’intéresser, entre autres, aux thématiques suivantes :

  • Les liens juridiques entre les îles Britanniques et ses colonies. Quelle est la réalité d’un forçat ou d’un esclave à cette époque ? Correspond-elle toujours aux récits ou témoignages ?

  • la figure de la sorcière très présente à la fois dans la littérature, la presse ou les comptes rendus de procès de cette époque. Où se situe la limite entre la réalité de pratiques condamnables et le fantasme d’une femme maléfique ?

  • Est-ce que les représentations d’un(e) criminel(le) varient entre les hommes et les femmes ? Existe-t-il des mythes, voire un fantasme, de la femme criminelle, qui auraient été favorisés à la fois par la presse et la littérature de la première modernité, mais aussi par certains historiens contemporains ?

  • Les pirates, ces figures de l’entre-deux mondes, demeurent les criminels les plus ambigus, à la fois héros et antihéros transatlantiques.

  • Comment se dessinent et se construisent la topographie et la géographie du crime ? Outre la capitale du crime qu’est Londres, existe-t-il des réseaux de criminels en province, dans les autres nations, mais aussi dans les colonies anglaises, voire françaises, portugaises et/ou espagnoles ? Quel rôle ont pu jouer la littérature à sensation et la presse dans cette géographie du crime ?

  • Quels sont les apports méthodologiques de la numérisation des archives aux études récentes sur les crimes et la criminalité aux XVIIe et XVIIIe siècles ?

Les propositions sur les autres figures criminelles, telles que les voleurs, les prostituées, les meurtriers et autres, seront également les bienvenues.

Les propositions de communications, en français ou en anglais, assorties d’un titre, d’un résumé de 300 mots et d’une notice biographique, sont à envoyer à l’adresse suivante : seaa2019@gmail.com

La date limite est le 20 mai 2018

Call for Papers

Crime and Criminals in the Seventeenth- and Eighteenth-Century Anglo-American World

An International Conference of the French Society for Seventeenth and Eighteenth Century Studies on the Anglo-American World (Société d’Etudes Anglo-Américaines XVIIe et XVIIIe siècles SEAA 17-18)

Organisation: Armelle Sabatier (Paris 2, Law and Humanities/CERSA UMR7106) and Bertrand Vanruymbeke (Paris 8, TransCrit, IUF)

January 18-19 2019 Paris

Confirmed keynote speaker : Professor Trevor Burnard (University of Melbourne)

Abstract

We are grown old; I am come back to England, being almost seventy years of age, husband sixty-eight, having performed much more than the limited terms of my transportation […], and he is come over to England also, where we resolve to spend the remainder of our years in sincere penitence for the wicked lives we have lived.

Daniel Defoe, Moll Flanders, 1722

Returning from exile as a convict in Virginia, Daniel Defoe’s Moll Flanders embodies the mythical figure of the English criminals deported in the colonies, who were made popular by seventeenth- and eighteenth-century literature and the press. Archives have given access to criminals’ profiles, relationships and networks, enabling historians to draw a more accurate picture of their lives and activities that were distorted and refashioned in drama, such as John Gay’s The Beggar’s Opera (1728), featuring one of the leading figures of the underworld, Jonathan Wild, in sensational novels (e.g, Captain Alexander Smith’s History of the Lives of the Most Noted Highway-men, Foot-pads, House-Breakers, Shoplifters and Cheats, 1714) or in some reports by journalists who had connections with the underworld. Historians have also studied the deportation of English, Scottish and Irish convicts in the colonies (G. Morgan et P. Rushton (Eighteenth-Century Criminal Transportation, Palgrave, Macmillan, 2003, Gwenda Morgan and Peter Rushton, Banishment in the Early Atlantic World. Convicts, Rebells and Slaves, Bloomsbury, 2013, Elodie Peyrol-Kleiber (Les premiers irlandais du Nouveau Monde: une migration atlantique (1618-1705), 2016), Roger Ekirch (Bound for America. The Transportation of British Convicts to the Colonies, 1718-1775, 1987).

At the intersection of social, legal history, colonial studies, literature and visual culture, this international conference seeks to re-assess the mythical and imaginary constructions of the criminal figures in literature (e.g the 17th century genre of the murder plays, 18th century novels) the press, the visual arts, travel narratives/accounts or trial reports. Archives also prove to be an invaluable source of information to study criminal activities and the complex structures of the English legal systems and those implemented in the colonies.

Among the great variety of possible topics, participants may like to consider:

  • the legal relation between England and its colonies. How were convicts and slaves treated in these new territories over the period? Are narratives or accounts always reliable sources?

  • Witches are recurrently portrayed in varied media of the time, both literature and the press. What was the reality of these women’s imagined or supposedly illegal practices?

– Is there any variation in the way female and male criminals were portrayed in those days? May the press and literature, and even some contemporary historians, have distorted the representation of female criminals?

  • The figure of the pirates, travelling between different worlds and continents, remain highly ambiguous Anglo-American heroes and/or anti-heroes.

  • The geography of crime. Beyond the capital of crime that used to be in London, was there any criminal network in the rest of Britain and in the English colonies, maybe crossing the borders with other European nations such as France, Portugal and Spain? Did literature or the press account for this geography of crime?

  • What is the impact of new technologies on recent studies devoted to crime in the seventeenth and eighteenth centuries?

We would also welcome contributions on other criminals such as thieves, prostitutes, murderers or any other criminal figures and/or any other aspect of this subject.

Potential speakers are invited to submit a title and an abstract of 300 words along with a brief bio-bibliography to seaa2019@gmail.com

Deadline for submissions is May 20th 2018

Prix de Master 2019

La Société d’Études Anglo-Américaines des XVIIe et XVIIIe siècles (SEAA 17-18) attribue tous les deux ans un prix de Master portant sur les deux années précédentes, dans le but de promouvoir la recherche des jeunes chercheurs sur les 17e et 18e siècles et de lui donner la visibilité qu’elle mérite.

 

Le Prix est récompensé par la possibilité de soumettre un article tiré du mémoire pour publication dans la revue XVII-XVIII (http://journals.openedition.org/1718/) et par une adhésion gratuite à la Société pendant un an (comprenant notamment un ouvrage de la collection internationale de la Société chez Manchester University Press, l’accès aux formats enrichis de la revue XVII-XVIII, l’inscription à la liste de diffusion, ainsi que la possibilité de participer aux journées annuelles Jeunes chercheurs).

 

Les candidatures seront examinées par le Conseil d’Administration en septembre 2018 et le Prix remis lors de l’Assemblée Générale de janvier 2019.

 

Conditions d’éligibilité :

Avoir soutenu son mémoire de Master 2 en 2016 (année universitaire 2015-16) ou 2017 (année universitaire 2016-17) sur un sujet en rapport avec le périmètre de SEAA 17-18, dans les domaines britannique ou américain.

 

Réception des candidatures :

Les directeurs.trices de mémoire feront parvenir avant 15 avril 2018 dernier délai, par voie électronique uniquement, à la Secrétaire Générale (sophie.vasset@univ-paris-diderot.fr):

–       Un pdf du mémoire ;

–       Une lettre de soutien.

Si un rapporteur l’exige, un exemplaire papier du mémoire pourra être demandé.

N°74: L’Empire

RSEAA XVII-XVIII, no.74 (2018): L’Empire

Couverture RSEAA 74 – L’Empire

Le numéro est en ligne sur OpenEdition: https://journals.openedition.org/1718/811

SOMMAIRE
Frédéric Ogée et Sophie Vasset
In memoriam : Robert Mankin (1952-2017)

L’EMPIRE

• Ladan Niayesh et Marie-Jeanne Rossignol
Whither the Empire in the Seventeenth and Eighteenth Centuries? Taking Stock of a Vibrant Field in English and American Studies
• Claire Jowitt
The Hero and the Sea: Sea Captains and Their Discontents
• Leopold Lippert
Theatrical Aesthetics and Transatlantic Representation in Robert Hunter’s Androboros
• Florence Petroff
L’empire idéal chez William Barron : une union impériale intégrant l’Amérique, d’après les modèles antiques et écossais
• Valérie Capdeville
“Transferring the British Club Model to the American Colonies: Mapping Spaces and Networks of Power (1720-70)”
• Simon Deschamps
Merchant and Masonic Networks in Eighteenth-Century Colonial India
• Vanessa Alayrac-Fielding
‘The infusion of a China Plant […] sweetened with the Pith of an Indian Cane’: Consuming, Tasting and Visualising the Empire
• Ariane Fennetaux
L’Empire des sens : sensualité, significations et circulations de la nouvelle culture matérielle
• Bertrand Van Ruymbeke
L’Empire au prisme de l’histoire atlantique : le cas des Treize Colonies (Round-table I)
• Steven Sarson
“Breadth and Depth”: Some Remarks on Empire, Atlantic History and Vast Early America (Round-table II)
• Élise Marienstras
Empire et liberté, empire ou liberté : du xvie siècle en Angleterre à l’Amérique du xixe siècle

VARIA
• Émilie Mitran
Reconstruire une vision américaine de la Révolution française : Gouverneur Morris, architecte d’une pensée anti-Jeffersonienne ?
• Yannick Deschamps
La reconstruction du passé anglo-écossais par les premiers historiens whigs de l’Union (1707)

Notes de lecture – Ouvrages reçus

Agnès Derail, dir., Puritains d’Amérique: Prestige et déclin d’une théocratie, textes choisis, 1620-1750. Paris : Éditions Rue d’Ulm, collection « Versions françaises », 2016, ISBN 978-2-7288-0558-7
par Lauric Henneton
Alice Sowall & Penny A. Weiss, eds., Feminist Interpretations of Mary Astell. Re-Reading the Canon. University Park : Pennsylvania State UP, 2016, ISBN 9780271071251
Par Guyonne Leduc
Sarah Fielding, trans., Xenophon’s Memorabilia and The Apology of Socrates. Piscataway, NJ: Gorgias P, 2016, ISBN 978-1-4632-0614-7
Par Penelope Wilson
Cécile Révauger et Jacques Charles Lemaire, dir., Les Femmes et la Franc-maçonnerie des Lumières à nos jours. xviiie et xixe siècles | Cécile Révauger et Éric Saunier, dir., La Franc-maçonnerie dans les ports. Bruxelles, La Pensée et Les Hommes n°86-87, 2012, ISSN 0774-2754 | Bordeaux, Presses Universitaires de Bordeaux, 2012, ISBN 978-2-86781-770-0
Par Simon Deschamps
Mary Wollstonecraft, Œuvres. Défense des droits des femmes; Maria ou le Malheur d’être femme; Marie et Caroline. Édition critique d’Isabelle Bour, Paris : Classiques Garnier, 2016, ISBN 978-2-8124-3146-3
Par Annie Cointre

Ouvrages reçus

N°73: Faire silence

XVII-XVIII no. 73 (2017): Faire silence / Modes of Silence

Le numéro est en ligne sur OpenEdition : https://journals.openedition.org/1718/705

SOMMAIRE

Faire silence

  • Laurent Curelly
    Foreword
  • J. P. Vander Motten
    Considerately woven out of our selves”: The Attractions of Speech in Thomas Killigrew’s Comedies
  • Cyril Selzner
    Silent Meeting, A Wonder to the World : Les premiers quakers et le bruit du monde
  • Jean-Jacques Chardin
    « Faire silence » dans l’emblématique chrétienne de l’époque moderne : quelques exemples chez Geffrey Whitney, Henry Peacham et Francis Quarles
  • Vanessa Chaise-Brun
    Charles I et la voix silencieuse de Eikon Basilike : le silence comme moyen d’expression
  • Michèle Lardy
    From Silence to “Civil Converse”: Of the Attempts to Control Seventeenth-Century Women’s “Ripe Wit and Ready Tongues”
  • Cornelia Dahmer
    Still, however, it is certain that young ladies should be more apt to hear than to speak“: Silence in Eighteenth Century Conduct Books for Young Women
  • Pierre Dubois
    Le silence de la musique dans The Wanderer de Frances Burney
  • Barbara Muller
    « She were a rose indeed, if she had but— » : Aposiopèse et chasteté dans les romances de William Shakespeare
  • Anne Toner
    Apophatic Austen: Speaking about Silence in Austen’s Fiction
     

Varia

  • Jean-Pierre Cléro
    Réflexions sur la notion de nature à l’âge classique
  • Hélène Garello
    Paradigme théâtral et pensée philosophique: Shakespeare aux origines de la modernité anglaise
  • Claire Gheeraert-Graffeuille
    Margaret Cavendish’s Femmes Fortes: The Paradoxes of Female Heroism in Bell in Campo (1662)
  • Pierre Labrune
    « The Progress of Man » et « The Loves of the Triangles » de l’Anti-Jacobin, entre parodie politique de poésie didactique et Nonsense avant l’heure

Notes de lecture – Ouvrages reçus

  • Cyril Selzner
    Kenneth Sheppard, Anti-Atheism in Early Modern England 1580-1720, “The Atheist Answered and His Error Confuted”
    Leyde : Brill, 2015. 339 pp. ISBN 978-90-04-26541-7
  • Nathalie Bernard
    Anne Bandry-Scubbi, & Rémi Vuillemin, éds, Real and Imaginary Travels, 16th-18th centuries / Voyages réels, voyages imaginaires, XVIe-XVIIIe siècles
    Strasbourg : PU de Strasbourg, 2015. 174 pp. ISBN 978-2-86820-924-5
  • Guyonne Leduc
    Jean Viviès, Revenir / devenir. Gulliver ou L’Autre Voyage
    Paris : Éditions rue d’Ulm / P. de l’École Normale Supérieure, « Offshore », 2016. 142 pp. ISBN 978-2-7288-0555-6
  • Yann Tholoniat
    Pierre Morère, Sens et sensibilité. Pensée et poésie dans la Grande-Bretagne des Lumières
    Lyon : PU de Lyon ; Grenoble : Éditions littéraires et linguistiques de l’université Stendhal-Grenoble (ELLUG), 2015. 340 pp. ISBN 978-2-7297-0895-5
  • John Baker
    John Gay, Trivia et autres vues urbaines
    Traduction et édition critique de Jacques Carré. Paris : Classiques Garnier, Collection Littératures du monde, 2016. 354 pp. ISBN 978-2-8124-4575-0
  • Paul Lim
    Robert Strivens, Philip Doddridge and the Shaping of Evangelical Dissent
    Aldershot: Ashgate, 2015. 201pp. ISBN 978-1-4724-4075-4
  • Sylvia Brown
    Tessa Whitehouse, The Textual Culture of English Protestant Dissent 1720-1800
    Oxford: Oxford University Press, 2015. xiii + 250 pp. ISBN 978-0-19-871784-3
  • Pierre Degott
    Michael Burden, Regina Mingotti : Diva, Impresario at the King’s Theatre, London
    Farnham : Ashgate, 2013. 192 pp. ISBN 978-0-7546-6936-4
  • Howard Weinbrot
    Samuel Johnson, Vies des poètes anglais
    Choix des textes, traductions et présentation, trad. Denis Bonnecase et Pierre Morère. Paris: Éditions du Sandre, 2015. 652 pp. ISBN 978‑235821-108-6
  • Francis Guinle
    Pierre Dubois, Music in the Georgian Novel
    Cambridge: Cambridge UP, 2015. 364 pp. ISBN 978-1-107-10850-9
  • Annie Cointre
    Jane Austen, Emma
    Préface de Dominique Barbéris. Traduction nouvelle et édition de Pierre Goubert. Paris : Gallimard, Folio classique, 2015. 685 pp. ISBN 978-2-07-045983-4
  • Joëlle Weeks
    Florence d’Souza, Knowledge, Mediation & Empire: James Tod’s Journeys among the Rajputs
    Manchester: Manchester UP, 2015. xiii + 261 pp. ISBN 978-0-7190-9080-6
  • Ouvrages reçus

Colloque 2016: Faire silence / Modes of Silence

Faire silence dans le monde anglophone aux XVIIe et XVIIIe siècles /

Modes of Silence in the Seventeenth- and Eighteenth-Century Anglo-American World

COLLOQUE INTERNATIONAL ORGANISÉ PAR LA SOCIÉTÉ D’ÉTUDES ANGLO-AMÉRICAINES DES XVIIe ET XVIIIe SIÈCLES (SÉAA XVII-XVIII)

 

Université Paris Diderot – Paris 7

 

Téléchargez le programme / Download the programme

15-16 Janvier 2016

 

Vendredi 15 janvier 2016 (matinée)

Accueil à partir de 9h

9h30 Laurent Curelly (Université Haute Alsace) : présentation du thème du colloque

Séance 1 : Religious Aspects of Silence / Manifestations religieuses du silence

Présidence de séance : Anne Page

9h45 Jean-Jacques Chardin (Université de Strasbourg) : Silence et éloquence dans l’emblématique chrétienne de l’époque moderne : quelques exemples chez Peacham, Wither et Quarles

10h15 Cyril Selzner (Université Paris 1 Panthéon – Sorbonne) : “Silent Meeting, A Wonder to the World” : les premiers quakers et le bruit du monde

10h45 Discussion et pause

Séance 2 : Silence and Art / Le silence et l’art

Présidence de séance : Jean-Jacques Chardin

11h15 Angela Benza (Université de Genève) : “Speak that I may see thee” : Du silence à l’éloquence, le portrait de mascarade anglais (1600-1620)

11h45 Efrosini Botonaki (Hellenic Open University): Silence and Speech in the Stuart Court Masques

12h15 Pierre Dubois (Université François Rabelais – Tours) : Musique et silence dans The Wanderer de Frances Burney

12h45 Discussion

13h-14h30 Déjeuner libre

 

Vendredi 15 janvier 2016 (après-midi)

Présidence de séance : Laurent Curelly

14h30 Conférence plénière de Jean-Pierre Vander Motten (Ghent University) : ‘Considerately woven out of our selves’: the Attractions of Speech in Thomas Killigrew’s Comedies.

15h30 – 16h Discussion et pause

16h Assemblée générale

18h30 Cocktail

 

Samedi 16 janvier 2016

Séance 1 : Silence and Speech in Political and Social Contexts / Le silence et la parole: aspects politiques et sociaux

Présidence de séance : Jean Viviès

9h00 Vanessa Chaise (Université de Reims Champagne-Ardenne) : Charles Ier et la voix silencieuse de Eikon Basilike : le silence comme moyen d’expression

9h30 Michèle Lardy (Université Paris 1 Panthéon – Sorbonne) : “A Maid should be seen, and not heard”: of the attempts to reduce 17th-century English women to silence, and of the difficulty to do so, for “they have ripe wits and ready tongues”

10h Cornelia Dahmer (Technische Hochschule Köln / Cologne University of Applied Sciences) : “Still, however, it is certain, that young ladies should be more apt to hear than to speak”: Silence in Eighteenth-Century Conduct Books for Young Women

10h30 Discussion et pause

Séance 2 : Figures of Silence in Fiction / Les figures du silence dans la littérature

Présidence de séance : Pierre Dubois

11h Barbara Muller (Université de Strasbourg) : “She were a rose indeed, if she had but –” : aposiopèses et chasteté dans les romances de William Shakespeare

11h30 Ann Toner (University of Cambridge) : Speaking of Silence: Paralipsis and Its Paradoxes in Eighteenth-Century Fiction

12h Pierre Labrune (Université Paris-Sorbonne) :“So near her * * * *”: Silence and the Quarrel on the Obscenity of Laurence Sterne’s Tristram Shandy

12h30 Discussion et fin du colloque

 

 

Prix de thèse 2013

La SEAA XVII-XVIII décerne un prix de master les années paires, et un prix de thèse les années impaires.

 

Le Prix de Thèse 2013 a été attribué à :

Anne-Claire Merlin-Faucquez (Paris 8, dir. Bertrand Van Ruymbeke),

pour son mémoire intitulé : « De la Nou­velle-Néerlande à New York: La Naissance d’une société esclavagiste (1624-1712) ».

Prix de master 2010, 2012 et 2014

La SEAA XVII-XVIII décerne un prix de master les années paires, et un prix de thèse les années impaires.

Le prix de master consiste en une adhésion de deux ans à la SEAA XVII-XVIII.

Les derniers lauréats du prix de master sont:

 

Prix de Master 2014:

Soukayna Mniaï (Université Paris Diderot, dir. Robert Mankin): « Joseph Priestley’s Appeal to the Public on the Subject of the Riots in Birmingham (1791) ».

 

Prix de Master 2012, ex-aequo:

Pauline Blanckaert (Lille 3, dir. Philippe Vervaecke) : « A Con­sti­­tutional Drama: John Bowles’s Discourse of Loyalism in 1790’s Britain ».

Marion Leclair (Paris 3, dir. Isabelle Bour): « Roman, récit et philosophie dans l’œuvre fiction­nel­le de William Godwin ».

 

Prix de Master 2010:

Timothy Mc Inerney (Paris 3, dir. Isabelle Bour) : « Paddies on Horseback: Representation of the Irish Aristocracy and British Nobility in the Long Eighteenth Century ».

 

Colloque Jeunes Chercheurs: Dissidence, déviance, décentrement (Aix, 2015)

Dissidence, déviance, décentrement, France/Grande-Bretagne (17e-18e siècles)

Aix-en-Provence, 20-21 mars 2015

Documents à télécharger: Programme JCC SEAA-SFEDS Aix 2015

Plan du Campus d’Aix

Aix-Marseille Université, Campus Schuman

Pôle multimédia,

Salle des colloques du rez-de-chaussée

29, avenue Robert-Schuman, 13621 Aix-en-Provence

 

Vendredi 20 mars 2015

Matin

8h30-8h45, Accueil des participants

8h45, Ouverture du colloque

9h00-10h00, conférence plénière

Président : Daniel Martin

Professeur Frank Lestringant, université Paris-Sorbonne, « Utopie et contre-utopie à l’âge classique :

Cyrano de Bergerac et Gabriel de Foigny »

 

10h00-10h30, pause-café

 

Politiques du décentrement

Présidente : Guyonne Leduc

 

10h30. Marion Leclair, université Sorbonne Nouvelle, Paris 3, « Spensonia, Crusonia : l’utopie comme détour dans les écrits politiques de Thomas Spence »

11h. Vanessa Chaise-Brun, université de Reims, « Eikon Basilike ou décentrer pour préserver »

11h30-12h00, discussion

12h00-14h00, déjeuner au restaurant By Fanny

 

Après-midi

 

Poétiques de la dissidence

Présidente : Sylvie Requemora

14h00. Dimitri Albanese, ENS Lyon, « Du refus au bûcher, les voies détournées de Claude Le Petit »

14h30. Clémentine Bénard, université de Rouen, « John Donne satiriste, un dissident face à un monde décentré »

15h00. Melaine Folliard, université d’Aix-Marseille, « Entre monde et zones, pour une biographie intellectuelle de Théophile de Viau »

15h30-16h00, discussion

16h00-16h30, pause

 

Traverses théâtrales

Président : Stéphane Lojkine

16h30. Shahab Entezareghaem, université de Strasbourg, « La dissidence morale et philosophique dans La Tragédie de l’athée de Cyril Tourneur (1611) »

17h00. Barbara Muller, université de Strasbourg, « ‘Voir de bon biais’ dans les romances de Shakespeare: les métaphores comme figures de déviance »

17h30-18h00, discussion

19h30, dîner en ville, restaurant Le Passage

 

Samedi 21 mars 2015

 

8h30-9h00, Accueil

 

Justice et droit

Présidente : Anne Page

9h00. Delphine Soulard, université d’Aix-Marseille, « Les pauvres dans le royaume de William et Mary : représentation lockéenne de leurs déviances »

9h30. Valentine Dussueil, université d’Aix-Marseille, « Du parlement de Paris au Parlement d’Aix,

Beaumarchais et l’usage du factum dans l’affaire La Blache (1772-1778) »

10h00-10h30, discussion

10h30-11h00, pause

 

Le Ciel décentré

Président : Jean Viviès

11h00. Amandine Bonesso, université d’Udine, « Décentrement identitaire et social chez Marie Guyard de l’Incarnation : images de l’espace intérieur et extérieur »

11h30. Arianne Margolin, université d’Aix-Marseille, « Découverte, dissidence, subversion : fictions lunaires et vulgarisation scientifique, du Messager des étoiles de Galilée à L’Autre Monde de Cyrano de Bergerac »

12h00-12h30, discussion

12h30-13h00, clôture des journées

13h00-14h30, buffet sur place

 

Le campus est desservi par la ligne de Bus n° 8 (Margueride-Val de l’Arc), arrêt Schuman,

http://www.aixenbus.fr

Voyages réels, voyages imaginaires, XVIe-XVIIIe siècles (2014)

Voyages réels, voyages imaginaires, XVIe-XVIIIe siècles

Real and Imaginary Travels 16th-18th centuries

Journées Jeunes chercheurs 2014

À paraître aux Presses de l’Université de Strasbourg (2015)

 

Sommaire et résumés / List of contributions and abstracts

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The Other Ovid: Seventeenth-Century Itineraries of Make-Believe

Monica MATEI-CHESNOIU (Professeur à l’Universitatea Ovidius din Constanța, Roumanie)

 Shakespeare’s Romances and “Figure[s] of transporte”

Barbara MULLER (Université de Strasbourg)

Fashioning Englishness through the French Other: the 1719 English Edition of Misson’s 1698 Mémoires et observations faites par un voyageur en Angleterre

Emma PAUNCEFORT (University College London)

 “And now is the time I want it”: Laurence Sterne’s A Sentimental Journey Read as Romantic Ramble versus Ego Trip.

Heidi LIEDKE (Albert-Ludwigs-Universität Freiburg, Allemagne)

 The Heart’s Travelling Back in The School of the Heart (1647)

Émilie JEHL (Université de Strasbourg)

 Critique et légitimation du voyage dans les utopies narratives, de Platon à Veiras

Angélique PÉRÈS (Université Paris Sorbonne)

 La Tempête de Shakespeare, écho d’un naufrage dans l’archipel des Bermudes

Vincent GRÉGOIRE (Université Paris Sorbonne)

 “Bearing the adventure of the seas”: seafaring and the figure of the merchant in the early modern imagination

 Anne-Kathrin MARQUARDT (Université du Havre)

 “New Sources of Wealth and New Channels of Commerce”: The Economic Dimensions of Mungo Park’s Travels in the Interior of Africa (1799)

Nora PLESSKE (Universität Passau, Allemagne)

  Du voyage à sa représentation : Les témoignages de deux marchands Nord-Américains en Europe (1779-1795)

Maud GALLET-GUILLON (Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle)

 

 

Abstracts / Résumés

 

The Other Ovid: Seventeenth-Century Itineraries of Make-Believe

Monica MATEI-CHESNOIU (Professeur à l’Universitatea Ovidius din Constanța, Roumanie)

The other Ovid tells the story of how references and allusions to a classic like Ovid in early-seventeenth- century English travel texts can say different things to different people. As a Renaissance school text, Ovid was generally taught to support the values and ideals of a succession of postclassical societies, but between 1590 and 1620 a number of unusually sensitive readers responded to cues in the text that call into question what the Latin poet seems to have represented to learned people. This discussion focuses on the travel texts written by these readers to show how they used Ovid as a model for discourses that probed and challenged the values of their society, just as Ovid had done centuries before. Reading their own concerns in the learned allusions to the Latin poet, early modern travel-writers used the classical myth of Ovid to respond to issues of mutability, metamorphosis, and climatic zones of the earth, but mostly to refer to the liminal geographic space where the Latin poet was exiled in the time of Augustus. Travel texts in early modern Europe can be understood in new ways once the relationship to the other Ovid – the exiled traveller – is made clear.

« L’autre Ovide » met en lumière la manière dont les références et allusions aux œuvres classiques d’Ovide dans les textes de voyage anglais du XVIIe siècle peuvent prendre des significations différentes selon qui les lit. Dans les écoles de la Renaissance, Ovide était enseigné pour transmettre les valeurs et aspirations de toute une succession de sociétés postclassiques, mais entre 1590 et 1620 certains lecteurs très réceptifs ont répondu aux signaux du texte qui remettent en question ce que le poète latin semblait représenter pour les érudits. Cette analyse montre comment les textes de voyage écrits par ces lecteurs ont eu recours aux textes ovidiens pour sonder et mettre en cause les valeurs de leur société, exactement comme l’avait fait Ovide en son temps. En lisant leurs propres préoccupations dans les allusions érudites concernant le poète latin, les voyageurs du début des temps modernes ont utilisé le mythe classique d’Ovide pour formuler leurs conceptions de la mutabilité, de la métamorphose et des zones climatiques terrestres mais, surtout, pour faire référence à un espace géographique liminal où le poète latin fut exilé au temps de l’empereur Auguste. Les textes de voyage du début de la modernité prennent une nouvelle résonnance lorsqu’est mise en évidence leur relation avec l’autre Ovide – le voyageur exilé.

 

Shakespeare’s Romances and “Figure[s] of transporte”

Barbara MULLER (Université de Strasbourg)

Renaissance classicists such as Sidney advocated precise rules in terms of genre, meaning, the unity of space and time, which Shakespeare’s romances transgress: Pericles (1606), Cymbeline (1609), The Winter’s Tale (1609) and The Tempest (1610) are odysseys whose sprawling narrative structures hark back to the Greek romances of the 1st to 3rd centuries AD. They dramatize the disruption and reunification of families. Northrop Frye contends that at the close of these plays “kings remain kings and clowns clowns” (A Natural Perspective, 104) and new historicist critics consider the romances as reactionary fables in which patriarchal order prevails. My view is that these plays, because they rely on the miraculous, the imaginary and the enigmatic, are rather open invitations for the spectator to speculate about the world. They alter the spectator’s perception of a stratified world by means of travels within utopian worlds. Metaphor, “Metaphora, or the Figure of transporte” (Puttenham, 1589), contributes to this widening of perspective insofar as it is a potentially defamiliarising device.

Les traités de rhétorique et de poétique de la Renaissance inspirés des classiques, tel celui de Sir Philip Sidney, énonçaient des règles précises sur le genre, la signification, les unités d’espace et de temps, recommandations que les romances de William Shakespeare transgressent : Pericles (1606), Cymbeline (1609), The Winter’s Tale (1609) et The Tempest (1610) sont des odyssées dont la structure narrative tentaculaire témoigne de l’influence des romances grecques du 1er au 3ème siècle apr. J.-C. Ces pièces tardives de Shakespeare mettent en scène l’éclatement des familles puis leur réunification. Northrop Frye soutient qu’à la fin des romances, “ les rois demeurent rois et les clowns restent clowns” (A Natural Perspective, 104). La critique historiciste voit dans ce retour à l’ordre la validation d’une perspective patriarcale et réduit ces pièces à des fables réactionnaires. Il semblerait bien plutôt que les romances invitent le spectateur à spéculer sur le monde par le truchement du miraculeux, de l’imaginaire et de l’énigmatique. Les romances, comme voyages dans des mondes utopiques, altèrent la perception d’un monde stratifié. Et les métaphores, qualifiées de « figures de transport » (« figure[s] of transporte ») par George Puttenham (1589) participent de cette ouverture de champ par leur pouvoir de défamiliarisation.

 

Fashioning Englishness through the French Other: the 1719 English Edition of Misson’s 1698 Mémoires et observations faites par un voyageur en Angleterre

Emma PAUNCEFORT (University College London)

This essay examines John Ozell’s 1719 English translation of Henri Misson’s 1698 French travelogue entitled Mémoires et Observations faites par un voyageur en Angleterre. Ozell’s translation serves as a case study of a growing trend in early eighteenth-century England, itself initiated in the 1710s by Addison and Steele’s The Spectator: the impetus to scrutinise and debate English custom and character. Through close textual analysis, it considers how Ozell reinvests Misson’s original objectives as he seeks at once to champion “Englishness” and challenge the utility of travel of the English nobility to the continent in the Grand Tour. In so doing, this study draws on recent scholarship on the crafting of discourses in ethnography and travel writings. It also engages with scholarly debates on the emergence of an English national identity in the early modern period, as well as with the relatively new field of study of travel writings in translation.

Cet essai examine la traduction anglaise des Mémoires et Observations faites par un voyageur en Angleterre d’Henri Misson par John Ozell publiée en 1719. La traduction d’Ozell est ici considérée comme un exemple de la tendance qui se développa au début du dix-huitième siècle en Angleterre à partir du périodique d’Addison et Steele, The Spectator: le désir d’observer les mœurs et le caractère des Anglais et d’en débattre. Une analyse textuelle met au jour la manière dont Ozell réinvestit les visées originales de Misson dans le but de se faire le champion de tout ce qui était « anglais », remettant par là en cause l’utilité culturelle du voyage sur le continent qu’était le Grand Tour. Pour ce faire, l’étude s’appuie sur les études récentes consacrées à l’élaboration des discours dans les textes ethnographiques et dans les récits de voyage. Elle s’inscrit également dans les débats sur la naissance d’une identité nationale anglaise à l’époque moderne, ainsi que dans le domaine relativement nouveau qu’est l’analyse des traductions de récits de voyage.

 

“And now is the time I want it”: Laurence Sterne’s A Sentimental Journey Read as Romantic Ramble versus Ego Trip.

Heidi LIEDKE (Albert-Ludwigs-Universität Freiburg, Allemagne)

Using Virginia Woolf’s introduction to A Sentimental Journey as a backdrop and primary point of reference, this article goes on a quest. The first section establishes why Laurence Sterne’s A Sentimental Journey can be read as a conventional, albeit entertaining, travelogue. The second section shows passages that, less conventionally, present an introverted kind of traveling and are characterised by Romantic musings. A brief discussion of why the text’s proximity to Romantic writings complicates its generic status as a “mere” travelogue follows. The third section, then, takes this observation to an extreme and examines other scenes which evoke the impression that Yorick’s musings aim at satisfying his self only and therefore enable him to stage his traveller’s persona. The text thus presents a journey to the inner self and a Romantic-like celebration of the individual. It is a journey that primarily seeks the realization of idleness. It does not stop at that, however, but rather changes into something else: a performance of individual freedom and even egocentrism. Sterne’s Journey is precarious in its depiction of the protagonist’s almost parasitic relation to the things and people he meets on his journey.

S’appuyant sur l’introduction que donna Virginia Woolf au Voyage Sentimental, cet essai se lance dans une quête. On montre d’abord les raisons pour lesquelles l’ouvrage de Sterne peut être lu comme un récit de voyage à la fois conventionnel et distrayant. Puis on s’attache aux passages qui, de manière moins conventionnelle, représentent un type de voyage tourné vers soi et se caractérisent par des flâneries romantiques, ce qui complexifie le statut du texte. En poussant cette réflexion plus avant, certaines scènes sont lues de manière à faire ressortir le caractère égocentrique des flâneries de Yorick et la mise en scène de son personnage de voyageur. Le texte présente ainsi un voyage vers le moi et une célébration de l’individu qui annonce celle des Romantiques. Il s’agit donc d’un voyage qui glorifie dans un premier temps l’oisiveté mais qui donne en fin de compte une représentation de la liberté individuelle dans tout ce qu’elle peut avoir d’égocentrique. Le Voyage de Sterne est ainsi perçu comme un texte instable par le portrait qu’il propose de la relation presque parasite du protagoniste vis-à-vis des choses et des personnes qu’il rencontre sur son chemin.  

 

The Heart’s Travelling Back in The School of the Heart (1647)

Émilie JEHL (Université de Strasbourg)

Travelling in Harvey’s The School of the Heart is a backward movement, consisting in closing off the distance which has been established between one’s heart and God. The travels of the heart are characterized by operations of correction and reformation, namely, attempts at restoring the heart to a previous, pre-distancing state. The aim of heart emblems then is to make oneself agreeable to God again, to retrieve a state of faithfulness that has been lost and which is manifested in the heart’s spiritual distance and physical inadequacy. This contribution endeavours to retrace the steps of that pilgrimage which engages the whole self in processes of discovery, exploration, reformation and progress.

The School of the Heart de Harvey dessine un voyage de retour, qui vise à abolir la distance qui s’est établie entre le cœur et Dieu. Les pérégrinations du cœur sont jalonnées d’opérations de correction et de réforme, ou plus précisément de tentatives de restaurer le cœur dans un état antérieur à l’éloignement. Le but des emblèmes du cœur est donc de se rendre à nouveau agréable à Dieu, de retrouver un état de fidélité qui a été compromis et qui se manifeste dans la distance spirituelle et l’inadéquation physique du cœur. Cette contribution se propose de retracer les étapes de ce pèlerinage qui engage tout l’individu dans des processus de découverte, d’exploration, de réforme et de progression.

 

Critique et légitimation du voyage dans les utopies narratives, de Platon à Veiras

Angélique PÉRÈS (Université Paris Sorbonne)

In the seventeenth century, the genre of the novel was disparaged on moral, philosophical and aesthetic grounds. Yet fictional works grew in number, and travellers’ tales enjoyed immense success. The rewritings of More’s Utopia explore the utility of fiction, as illustrated in L’Histoire des Sévarambes (1677-79). In the wake of Plato, who gave pride of place to education in The Republic, Veiras links travel fiction to the need to instruct the people. Travelling is an institutional necessity, serving to acquire knowledge and experience that will be useful to the traveller’s home community. This ambition is already among the projects of Salomon’s House in Bacon’s New Atlantis. Reading a narrative utopia thus becomes a sort of journey by proxy, an activity that is both useful and pleasing, since the knowledge acquired through reading the traveller’s tale becomes an asset for the reader him/herself, and for the community in which he/she lives.

À l’Âge Classique, le roman est un genre décrié tant du point de vue moral que philosophique ou esthétique. Pourtant, les récits de fiction se multiplient – et les fictions viatiques ont un immense succès. Les réécritures de L’Utopie de More au cœur de l’Âge Classique s’interrogent sur l’utilité de la fiction – et L’Histoire des Sévarambes en est un exemple des plus intéressants. S’inscrivant dans le sillage d’un Platon, qui donnait toute sa place à l’éducation dans La République, Veiras relie la fiction viatique à la nécessité de l’instruction du peuple. Voyager est une nécessité institutionnelle permettant l’acquisition de savoirs et d’expériences profitables à la communauté d’origine du voyageur. Cette ambition faisait d’ailleurs déjà partie des projets de la Maison de Salomon dans La Nouvelle Atlantide de Bacon. Dès lors, lire une utopie narrative devient un voyage par procuration : c’est une activité liant l’utile à l’agréable, puisque la somme des connaissances développées grâce à la lecture du récit de voyage devient un bénéfice pour le lecteur lui-même ainsi que pour la communauté dont il est issu.

 

La Tempête de Shakespeare, écho d’un naufrage dans l’archipel des Bermudes

Vincent GRÉGOIRE (Université Paris Sorbonne)

Shakespeare’s Tempest is read in the light of events that marked the beginning of English colonialism in America. The play echoes the shipwreck on the islands of Bermuda of the Sea Venture, the famous Virginian Company flagship on its way to Jamestown. Through the imaginary and dreamlike dimension of the play transpire the traces of the real event that revive the humanist ambitions of the earliest British colonial plans which aimed at establishing a new commonwealth. However, the project and its utopian aspirations were jeopardised by intrigues between different leaders and the difficulty of integrating both the natives and the European common people. The latter were farmers with their own community experiences, who had moved to cities as a result of the enclosure movement. The Tempest shows evidence of the crisis in this emerging colonial era. Drawing on the pessimistic lessons from Tacitus and Machiavelli, the play proposes, through the figure of Prospero, a reply based on the assertion of what can be called discriminating humanism.

Nous lisons La Tempête de Shakespeare à la lumière des évènements qui marquèrent les débuts de l’implantation coloniale anglaise en Amérique. La pièce fait écho au naufrage dans les Bermudes du Sea Venture, vaisseau amiral de la Compagnie de Virginie, faisant route vers Jamestown. A travers la dimension onirique et imaginaire, ce sont les témoignages sur cet épisode réel qui résonnent et nous rappellent que les premiers projets coloniaux anglais s’inscrivent dans un horizon humaniste où il était question de fonder un nouveau commonwealth. Ces projets, aux accents utopistes, furent mis à mal par les intrigues florentines entre dirigeants, et par une difficulté à y intégrer pleinement les indigènes mais aussi les hommes de peu venus d’Europe, souvent anciens paysans dotés d’une autre expérience communautaire et chassés vers les villes par le mouvement des enclosures. La Tempête témoigne de cette crise du colonialisme naissant. La réponse qu’elle propose, à travers la figure de Prospero, s’inspire des leçons pessimistes de Tacite et Machiavel et consiste en l’affirmation de ce que nous appelons un humanisme discriminant.

 

“Bearing the adventure of the seas”: seafaring and the figure of the merchant in the early modern imagination

Anne-Kathrin MARQUARDT (Université du Havre)

“Which is the merchant here, and which the Jew?” Portia asks in The Merchant of Venice. The question suggests a certain difficulty in separating clearly between merchant and moneylender, between acceptable and immoral uses of money. One could gloss her question as: What exactly is a merchant, and what makes his trade different from other types of economic activity? Drawing on early modern writings on economics, especially those by Gerard Malynes (1585-1641), this contribution shows that travel by sea was the essential defining characteristic of merchant activity. Seafaring is the central risk of trade, showing a willingness to submit to God’s providence which the usurer – whose income is always secure – does not display. “Bearing the adventure of the seas,” it would appear, is what defines the merchant as a moral person, whose permissible use of money marks him out as a good Christian.

« Qui est ici le marchand, et qui le Juif? » demande Portia dans Le Marchand de Venise. La question suggère une certaine difficulté à distinguer entre marchand et usurier, entre des façons morales ou immorales d’employer l’argent. Elle revient à demander : qu’est-ce qu’un marchand, et qu’est-ce qui rend sa profession différente d’autres formes d’activités financières ? En s’appuyant sur des traités économiques de la Renaissance anglaise, notamment ceux de Gerard Malynes (1585-1641), l’on démontrera que le voyage en mer est la caractéristique essentielle qui définit l’activité marchande. La navigation est le grand risque du commerce, et permet d’afficher sa soumission à la Providence divine – ce dont l’usurier, toujours assuré de sa fortune, est bien incapable. « Courir l’aventure des mers », semble-t-il, est ce qui définit le marchand comme un personnage de bonnes mœurs, qui emploie son argent d’une manière moralement acceptable pour un bon Chrétien.

 

“New Sources of Wealth and New Channels of Commerce”: The Economic Dimensions of Mungo Park’s Travels in the Interior of Africa (1799)

Nora PLESSKE (Universität Passau, Allemagne)

Commissioned by the African Association to find the Niger river, Mungo Park not only set a standard for future travel writers with his account of this journey in Travels in the Interior of Africa (1799), but his trip into terra incognita was also crucial to initiating systematic explorations of the continent. The present contribution stresses the importance of the economic dimensions in Park’s travel narrative. It addresses the explorer’s dependence on trade, analyses his recordings of commerce in the region, and considers the influence of his text on the following colonial explorations and exploitation in Western Africa. The essay thus lays bare both negotiations of cultural exchange and formations of imperial hegemony.

Chargé par l’Association pour la découverte des districts intérieurs de l’Afrique de localiser le fleuve Niger, Mungo Park, par la relation de sa mission dans Travels in the Interior of Africa ( Voyage dans l’intérieur de l’Afrique, 1799), n’a pas seulement établi une référence pour la littérature de voyage à venir, mais a aussi donné par son périple en terra incognita une impulsion cruciale à l’exploration systématique du continent. Pour souligner l’importance de la dimension économique dans le récit de voyage de Park, l’on étudie la dépendance de l’explorateur à l’égard du commerce, ses rapports sur l’activité commerciale dans la région, ainsi que l’influence de son œuvre sur les explorations coloniales à venir et sur l’exploitation de l’Afrique occidentale. Tant les négociations liées aux échanges culturels que la formation d’une hégémonie impériale sont ainsi mises en évidence.

 

Du voyage à sa représentation : Les témoignages de deux marchands Nord-Américains en Europe (1779-1795)

Maud GALLET-GUILLON (Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle)

The testimonies of two North-American merchants travelling to Europe between 1779 and 1795 and their successive transformations (letter, diary, epistolary travel book, memoirs) document how the travelling experience is translated into a written account, and make it possible to study the passage from the observation of facts and reality to a literary narrative. By investigating the authors’ motives as they vary according to personal and historical contexts, the fundamental role played by these palimpsests in the creation of a national conscience is highlighted. In this key period for the formation of an early American culture, they allow the visitors to confront the European “Other”, especially the British “Other”, and to produce a glorious portrait of their native land aimed at communicating to their readers and compatriots a sense of national pride.

Les témoignages de deux marchands nord-américains se rendant en Europe entre 1779 et 1795 et les transformations successives subies par les récits permettent de faire apparaître le processus de mise en écriture du voyage, et d’étudier le passage de l’observation de la réalité à sa représentation littéraire, au travers de formes diverses (lettres, journal intime, récit épistolaire, mémoires). En détaillant les buts poursuivis par les auteurs, il s’agit de montrer que ces textes-palimpsestes, écrits et réécrits au gré du contexte personnel et historique, jouent un rôle essentiel dans la création d’un sentiment national américain en cette période clé pour la formation de la Jeune Amérique, puisqu’ils permettent aux visiteurs de se mesurer à l’Autre européen et tout particulièrement l’Autre britannique, et de produire un portrait en creux des plus glorieux de leur terre natale, afin de conforter leurs lecteurs et compatriotes dans un sentiment de fierté nationale.